On a tous quelque chose à chercher. Certains cherchent leur âme soeur, d'autres se cherchent eux-mêmes. Le plus souvent, on cherche ses origines. Mais avouez que chercher où le temps a disparu, c'est assez peu commun...
 
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Sujet: Une reine en danger... Freedepht-Astralÿs   
Mar 30 Avr - 22:06

Freedepht a écrit :
Ce matin-là, Freedepht se réveilla avec la sensation étrange que la mort avait fait son œuvre. Elle s’étira, revêtit son éternel corsaire sombre, sa barrette à fleurs blanches et se leva pour prendre son repas. Elle mangea quelques algues rouges avec une sauce humaine, prit une sacoche tissée avec l’arbre du monde humain et s’en alla en dehors de son habitation. Elle ne voulait pas travailler aujourd’hui mais elle le devait : les patients n’attendent pas.

La demoiselle n’aimait pas énormément la ville. À ses yeux, il y avait trop de lumières, trop de couleurs, trop de joies. En tant que soigneuse, au courant des réalités de ce monde, elle savait que toutes ces marques de bonheurs n’étaient là que pour chasser les ténèbres de la mort, que ces gens souhaitaient simplement oublier la dureté de la vie et profiter de chaque instant avec leurs semblables pour réduire à néant leur sentiment commun de solitude. La belle était très pessimiste, son passé avait révélé en elle un sentiment de peine profonde à l’égard du monde.

Elle nagea doucement, regardant droit devant elle, avec les yeux froids et las en pensant à sa première consultation : le petit Claud. Ce garçon était à ses yeux le symbole de la pureté, ces cheveux couleurs or reflétaient parfaitement son innocence. Il semblait toujours joyeux quand elle venait le voir malgré les douleurs médicinales qu’elle lui infligeait pour pallier face à son cœur trop faible pour battre correctement. Freedepht s’était pris d’affection pour cet enfant si courageux, elle savait pertinemment qu’elle ferait tout pour le sauver, absolument tout. Cependant l’état du jeune garçon s’était aggravé : son cœur s’affaiblissait, son regard semblait s’éteindre petit à petit, son sourire n’était plus qu’une ombre. Il mourrait et la sirène ne pouvait absolument rien n’y faire.

Freedepht se crispa : elle ressentit une forte détresse et commença à nager rapidement, très rapidement. Elle contourna les habitations, longea les petites ruelles pour éviter les quartiers marchands, bouscula plusieurs sirènes à son passage. Son cœur tambourinait férocement, elle devait y arriver, elle devait être auprès de lui. Elle se retrouva enfin devant le foyer du garçon. Elle s’immobilisa paralysé : sa peur s’atténua, tout sentiment connu des races disparut de son être.

La chambre où le garçon dormait était éteinte et à moins d’un miracle, cela ne pouvait signifier qu’une chose. Elle avança doucement, ouvrit la porte d’entrée et vu le spectacle qu’elle redoutait. La mère de Claud serrait frénétiquement dans ses bras un petit corps inerte et blanchâtre, son père lui s’accrochait à sa femme de toutes ses forces, le visage enfouis dans son épaule. Les deux entendirent la porte s’ouvrir mais ne levèrent point la tête : ils avaient perdu leurs joyaux. Freedepht nagea silencieusement vers eux, observa l’ombre sans vie et ferma avec délicatesse les yeux vides du cadavre. Les parents de l’enfant la virent enfin et furent stupéfaits de voir un visage de marbre, sans expression leur dire d’une voix neutre:

- mes condoléances mes amis, je vais chercher quelques fleurs pour guider le mort dans l’au-delà comme le veut la tradition d’Albelay.

Elle s’en alla sans se retourner, fuyant la scène lugubre d’un air vide. La triste femme joncha les murs de la ville doucement, silencieusement, le corps de l’enfant flottait comme un poison dans l’ensemble de son esprit. Elle arriva dans la grande rue et maudit cette joie de vivre, cette injustice quotidienne. Elle bouscula sans le vouloir un établi et fit tomber quelques pommes qu’elle ramassa la main tremblante. Une petite fille lui lança quelques fruits sur le visage mais cela lui importa peu : aujourd’hui encore, un enfant était mort.
Finalement elle arriva à l’entrée de la ville et s’enfonça dans les ténèbres de l’océan en quête des fleurs promises. Elle parcourut longtemps les espaces aquatiques, s'en se préoccuper le moins du monde, des monstres marins qui la lorgnaient, des plantes aquatiques qui brillaient dans l'obscurité profonde. Elle arriva enfin à destination et chercha les fleurs blanches, nommé "Au-delà". Cependant un cri aigu attira son attention, une sirène criait au désespoir. Elle nagea rapidement vers le son qu'elle avait entendu et découvrit une sirène décorée de multiples parures orangées face à un monstre marin gigantesque.
Freedepht se cacha derrière des algues pour mieux analyser le monstre afin de trouver un point faible qui lui permettrait de sauver l'inconnu.

Astralÿs a écrit :
« … c'est tout ce que vous ferez pour le moment. Vous me contacterez si vous rencontrez un problème important. »

Je venais de finir de donner mes instructions à mes trois Conseillers, annonçant ainsi la fin de la réunion hebdomadaire du Conseil. Avec ce que je leur avais donné à faire, les Conseillers devraient être occupés pour un petit bout de temps... et normalement personne ne devrait avoir besoin de moi jusqu'au lendemain. Cela faisait un mois que je n'étais pas sortie de mon palais pour autre chose que des visites diplomatiques... Toujours l'anxiété, la tension. Toujours obligée de porter ce masque de force qui dissimulait ma lassitude. Je ne m'imaginais pas qu'être Reine pût être aussi difficile, mais je savais que je tiendrais. Après tout, j'étais l'Elue. Je m'étais souvent demandé si j'étais devenue Reine parce que j'étais l'Elue, ou si j'étais l'Elue parce que j'avais les qualités pour être Reine... mais peu importait. L'eau était claire au-dehors, et j'étais libre pour le reste de la journée.
Après avoir terminé de mettre mes affaires du jour en ordre, j'ôtai ma lourde couronne et la plupart de mes ornements royaux. Il me restait cependant mon bracelet d'or, que je ne devais jamais enlever pendant mon règne, et la teinture orage de mes écailles mais il était trop compliqué de l'enlever. J'étais suffisamment banalisée, personne ne me reconnaîtrait à moins de regarder de trop près. Je m'armai de mon épée en substituant un simple fourreau de cuir et de bois au fourreau officiel, richement ornementé. J'étais fin prête.

Je quittai le palais en douce, pour éviter la réprobation de mes conseillers et domestiques, et nageai vers la périphérie de la ville. Au centre, la foule était si dense que je ne pouvais pas profiter de mon espace. Il régnait dans les rues une sorte de fébrilité, un bonheur dont je savais qu'il n'était que superficiel : cela faisait plusieurs années que je n'avais pas pris part à cette ambiance urbaine, et cela me manquait un peu. Je me frayai un chemin, ondulant parmi les autres sirènes, et ne tardai pas à sortir d'Atlantia. Autour de moi, des milliers de tonnes de litres d'eau et tout en haut, à des kilomètres, la surface miroitait. Je m'étirai avec bonheur et, une fois sûre d'être hors de vue de la plupart des gens, j'enchaînai une série de looping et d'autres figures que je n'avais pas eu lieu de faire depuis un bon bout de temps. Mes acrobaties me menèrent jusqu'à l'orée des Rochers aux Algues, à un endroit où personne ne passait – la foule se massait surtout sur les grandes routes. Là, j'hésitai : j'avais un désir fort de m'aventurer plus loin, plus profond, mais mon sens du devoir m'intimait de mettre fin à ma promenade.
En contrebas, l'eau était plus sombre, mais il y avait parfois de petites lumières qui y bougeaient. Je savais que ces lumières cachaient parfois des prédateurs dangereux, mais j'avais mon épée. Je cédai à la tentation et commençai à descendre vers les profondeurs, restant tout de même près des rochers. Je n'avais pas fait quelques mètres que ce que j'avais pris pour une ombre se mettait à bouger. L'instant d'après, je sentis un choc dans mon estomac et je fus projetée plus loin, le souffle coupé.

L'ombre revint à l'attaque, et je vis qu'il s'agissait d'une sorte d'anguille géante. J'esquivai avec un cri, espérant que quelqu'un se trouvât à proximité et pût me venir en aide. Pour le moment, je ne pouvais compter que sur moi-même. La créature était rapide, mais je l'étais aussi. Je la contournai d'un battement de nageoires et, levant mon épée qui luisait d'un éclat bleuté, je lui portai un coup au dos. J'avais visé la tête, mais l'anguille avait bougé, déjà prête à contre-attaquer. Je m'écartai juste à temps pour éviter un coup de dents mortel, mais ne fus pas assez vive et reçus le coup de queue qui avait suivi. Encore une fois, je fus projetée à quelques mètres, le corps endolori. Je crus apercevoir une silhouette un peu plus loin sur ma droite, mais elle disparut bien vite et je n'avais pas le temps d'observer de plus près. Le monstre revenait à la charge.
Je l'attendis, prête à combattre, et au dernier moment je m'écartai sur sa gauche, lui portant une longue estafilade sur tout le long du corps.
La créature était pas mal blessée, mais elle était plus endurante que moi. J'avais intérêt à ne pas faire durer cet affrontement.

Freedepht a écrit :
Freedepht admira les prouesses de la sirène inconnue qui luttait avec vaillance face au monstre marin. Elle observa le combat avec intérêt et comprit alors le danger qu’encourrait la belle demoiselle. L’animal était un Cose, une sorte d’anguille géante issue de l’union de plusieurs Sangsunité, un buveur de sang et l’un des plus redoutables monstres aquatiques. Cependant la sirène continuait à combattre, elle évitait avec grâce les attaques bourrines de l’animal et frappait fort quand il le fallait. Cependant le combat perdurait et la jeune femme semblait être à bout de forces. Un masque d’inquiétude avait envahi son visage, elle devait tuer ou être mangé.

Freedepht habituellement insensible au problème des autres et ayant toujours pensé que la nature faisait son travail dans le cycle de la vie se prit d’affection pour la pauvre demoiselle. Elle nagea rapidement à la recherche de l’Œnanthe, une algue très réputée pour ses agents vénéneux. Elle analysa minutieusement tous les alentours, se remémorant calmement l’inventaire qu’elle avait fait quelques jours plus tôt. Enfin elle les dénicha derrière des Posidonies, des plantes aquatiques à fleur. Elle sortit un bandage de sa sacoche et retourna au lieu de la bataille.

Arrivée à destination, elle ondula à travers les plantes et se positionna derrière la créature. Là, elle pressa la plante avec le bandage pour ne point être en contact avec elle et récupéra le jus mortel dans une petite bouteille. Elle saisit une seringue et la plongea dans le liquide empoisonné. Après cela, elle se coucha dans les arbustes et attendu le moment propice pour foncer sur lui afin de lui administrer le traitement toxique. Elle savait parfaitement qu’elle ne devait point se rater, elle n’avait le droit qu’à une seule chance ou sinon le pire était à advenir.

La belle inconnue était en phase de perdre connaissance et le monstre allait donner le coup fatal : une ouverture se dessina près de son épaule et Freedepht plongea sur lui le plus vite possible. Elle évita les mouvements de queue du monstre et réussit à se trouver derrière lui. Là, elle prit une grande inspiration mais avant qu’elle ait pu faire quoi que ce soit, elle dut éviter un mouvement brusque du cose qui l’avait finalement senti. Elle réussit à en sortir indemne grâce à son agilité et tenta une approche suicidaire. C’était lui ou elle : elle fonça sur l’anguille et enfonça son aiguille dans l’œil droit.
Le cose écarquilla des yeux puis dans un dernier élan de colère, il riposta avec sa mâchoire contre Freedepht qui n’était alors plus capable de se défendre.

Astralÿs a écrit :
L'affrontement se prolongea. Je n'avais pas conscience du temps qui s'écoulait. Ne restait que le mouvement, l'action, l'instinct de survie. Esquive. Encore et encore. Esquive puis coup d'épée. Sang qui se répand dans l'eau comme un nuage rouge et empoisonné. Le sang de la créature – mon sang. Parfois un nuage semblable passait devant mes yeux, mais était-ce vraiment la même chose ou simplement un effet de la fatigue qui s'insinuait dans toutes les fibres de mon être ? Mes mouvements se faisaient de plus en plus lents et j'avais un mal croissant à éviter les attaques de ce que j'avais reconnu comme étant un cose, ces créatures si dangereuses que seuls les plus courageux se risquaient à affronter. Je n'en pouvais plus, et j'étais si épuisée que même si je savais que j'allais mourir, cette pensée ne m'affectait pas autant qu'elle aurait dû. De toute façon, qu'était la mort ? Rien qu'un voyage de plus, rien qu'une nouvelle confrontation avec l'inconnu. Une idée vague de responsabilité flottait encore dans ma tête : j'étais la Reine, et l'Elue par-dessus le marché. Je n'avais pas le droit de mourir, et surtout pas ainsi en affrontant un cose. Pas ainsi alors que je n'étais pas sensée sortir, pas ainsi alors que mes conseillers m'avaient tant et encore répété d'être prudente.

Le monstre ondula par mouvements saccadés vers moi, montrant ses crocs translucides mais ô combien meurtriers. Il lança sa tête vers mon torse, et je ne fus assez rapide que pour éviter la mort immédiate. Cependant, je fus atteinte à la hanche, et des écailles rougies de ma queue se dispersèrent dans l'océan. Je levai les bras, et abattis mon épée sur la tête de la bête une nouvelle fois. La lame dérapa sur les écailles et n'infligea qu'une blessure superficielle. Je n'allais pas tarder à rendre l'âme... J'effectuai un salto arrière vers les profondeurs obscures et la créature passa au-dessus de moi. Je remontai en passant derrière elle, mais elle fut vive et se retourna aussitôt, levant la tête et claquant des mâchoires, prête à attaquer de nouveau. Je savais que cette attaque-là, je ne pourrais pas l'éviter, j'étais trop faible.

Au moment où je voyais ma mort arriver vers moi, il se passa quelque chose que j'eus du mal à assimiler, peut-être parce que j'étais déjà résignée à mon sort. Une sirène surgit sur la gauche du cose, évitant habilement le ballet de sa queue. Au moment où celui-ci allait m'achever, il sembla se rendre compte de la présence de cette nouvelle-venue et tourna sa tête repoussante vers elle dans l'intention de l'attaquer. Heureusement, elle esquiva agilement et fit quelque chose d'insensé. Elle s'approcha du monstre jusqu'à pouvoir le toucher, et planta dans son œil droit une seringue que je n'avais pas remarqué. L'effet fut immédiat : le cose émit une sorte de gémissement en se tortillant violemment dans tous les sens, fou de douleur et de colère. Finalement, il projeta sa mâchoire mortelle sur la sirène qui ne pouvait rien faire. Mais moi, je pouvais faire quelque chose. Je ne pouvais pas la laisser périr ainsi après qu'elle m'eût sauvée. Dans un dernier élan d'énergie, je battis des nageoires avec vigueur et, rapide comme l'éclair, je poussai la femme brusquement, l'entraînant avec moi quelques mètres plus loin. Le cose se dressa à nouveau mais s'immobilisa en plein mouvement, puis il se mit à couler, tourbillonnant lentement vers les abysses d'où il provenait.

Je restai là, haletante, à observer la créature morte d'un regard vide. Je pris alors conscience du silence qui régnait, rompu à intervalle régulier par le bruit d'une sorte de tambour... Ah oui, les battements de mon cœur. Je me redressai alors, inspirant à fond, m'émerveillant de la vie qui m'habitait. Puis, je me souvins de cette sirène qui m'avait aidée et me tournai vers elle, le cœur rempli de gratitude.

« Merci beaucoup de m'avoir aidée. Sans vous, je serais morte et... »

Devais-je lui avouer qui j'étais ? Je n'en avais pas envie, aussi je laissai ma phrase en suspens.

« Vous n'avez rien ? Quelle était cette substance que vous avez mis dans la seringue ? C'était très efficace. »

La femme était sûrement une guérisseuse, pour se promener ainsi armée d'une seringue. Je la détaillai alors vraiment pour la première fois. Elle avait un air hautain à première vue, certainement à cause de ses yeux si froids de la couleur insondable de l'océan. Ses cheveux d'un bleu pâle ornés d'une couronne de fleurs blanches flottaient autour de son visage pâle. Elle avait l'apparence d'une jeune femme stricte et réservée, distante. Mais à certaines expressions de son visage, à la petite étincelle d'émotion au fond de ses yeux, je devinai qu'il s'agissait d'une personne douce et assez sensible. Mais je devais avouer que cela, elle le cachait bien.

Freedepht a écrit :
Freedepht contempla la sirène froidement : elle était vraiment magnifique avec ses longs cheveux noirs ondulants derrière une nuque gracieuse. Elle avait un teint pâle et des traits doux qui la faisaient paraître comme une femme fragile cependant la détermination qu’elle avait prouvée lors de son combat révélé un contraste tout à fait remarquable. Freedepht sourit doucement en pensant à sa propre existence et continua à détailler la femme qui la dévisageait sans aucune gêne. Sa queue bleutée semblait souple et agile, elle portait un bracelet d’or royal qui dévoilait parfaitement son appartenance à la grande société. De plus, son épée, tranchante et fine, était faite en un métal étrange et bleuté qui ressemblait à une pierre précieuse.

Soudain Freedepht retint son souffle, écarquilla des yeux et sentit sa queue faiblir devant la révélation qui venait de naitre dans son esprit : c’était l’élue, Astralÿs Wiz'Rakad. Freedepht sortit de ses pensées lorsque la sirène parla d’une voix qui se voulait amicale :

« Merci beaucoup de m'avoir aidé. Sans vous, je serais morte et...-elle se tut une demi-seconde avant d’ajouter- Vous n'avez rien ? Quelle était cette substance que vous avez mise dans la seringue ? C'était très efficace. »

Freedepht la regarda avec colère, cette femme, ne pouvait être la reine des sirènes qui devraient être bien au chaud dans son château plutôt que de risquer sa vie contre un monstre indomptable. Non c’était impossible, la belle sirène souffla doucement pour réduire sa colère et garda contenance lorsqu’elle répondu d’une voix plus que glaciale :

"Je vous en prie. Grâce à votre aide, je ne suis point blessé. Cette substance est issue d'une Œnanthe, une algue réputée pour ses agents venimeux. Mais cela importe peu ici et maintenant."

Freedepht se rapprocha de la sirène et sans le moindre remords, elle la gifla avant de dire d’un ton à la fois acerbe et calme :

"Madame, quelle idée vous est passé par la tête pour combattre un cose. Savez-vous-mêmes ce que c’est ? J’ai failli la laisser vous dévorer comme la nature le souhaitait… Je n’aime point changer le cours des choses… Qui êtes-vous d’ailleurs, que je puisse savoir pour qui j’ai failli perdre la vie ?"

Freedepht se sentit bête d’avoir cru que cette femme était l’élue. Cela ne pouvait être possible et si c’était malgré tout le cas, elle venait de faire la plus grosse erreur de sa vie.


Astralÿs a écrit :
Les paroles glaciales de la jeune sirène me firent l'effet d'une gifle mentale. Pourquoi ce ton, où l'on sentait poindre un soupçon à peine perceptible de colère retenue ? Passée cette surprise, je ressentis le soulagement : la guérisseuse n'était pas blessée. Elle s'approcha, une lueur un peu féroce dans le regard, et cette gifle imaginaire que je venais de recevoir fut suivie d'une gifle bien réelle cette fois-ci. Je reculai légèrement sous le choc, et effleurai de la main ma joue meurtrie, la bouche bée d’hébétement. Pourquoi ? La réponse ne tarda pas.

« Madame, quelle idée vous est passé par la tête pour combattre un cose ? Savez-vous même ce que c’est ? J’ai failli la laisser vous dévorer comme la nature le souhaitait… Je n’aime point changer le cours des choses… Qui êtes-vous d’ailleurs, que je puisse savoir pour qui j’ai failli perdre la vie ? »

La colère de ma sauveuse était parfaitement compréhensible. En me mettant dans cette situation délicate, je l'avais poussée à risquer sa vie... Et quant à moi, j'avais d'autres raisons de m'en vouloir : j'avais négligé mes responsabilités. A présent, cette femme m'avait infligé une punition que je jugeais bien méritée.
Je ne comptais pas lui révéler mon identité : sa colère n'en serait que plus forte, et je devais avouer que je ne tenais pas à me ridiculiser encore plus.

« Je sais bien que j'ai été idiote en venant me promener ici... Sachez cependant que je n'ai pas affronté ce cose de mon plein gré, je ne suis pas assez sotte encore pour me mesurer seule à un monstre aussi redoutable... Je m'excuse auprès de vous, et sachez encore une fois à quel point je vous suis reconnaissante. Vous ne mesurez pas les conséquences que ma mort aurait eue... »

Peut-être en avais-je dit trop ? La femme comprendrait-elle à l'aide de ces quelques mots qui j'étais vraiment ? La teinture orangée de mes écailles et mon bracelet d'or, ainsi que mon épée, avaient dû déjà porter des soupçons à son esprit.
Mais il ne fut plus question de cacher mon identité lorsqu'un groupe assez important de sirènes accourut vers nous, venant de la ville. Bien qu'ils fussent en tenue de civils, je savais qu'il s'agissait de gardes qui, inquiétés par ma longue absence, avaient dû remuer eau et sable pour me retrouver. Je soupirai : mon interlocutrice comprendrait bien vite que j'étais la Reine. Les gardes n'étaient plus qu'à une vingtaine de minutes de nous.

« Voici ma garde qui s'approche – je me mordis nerveusement la lèvre inférieure – … Je suppose que vous avez compris que j'étais Astralÿs Wiz'Rakad. »

Lorsque je voulais cacher ma fonction à cette femme, je ne pouvais lui offrir de récompense sans me trahir. A présent, j'étais libre de lui accorder ce qu'elle voulait.

« Je tiens à vous offrir une récompense pour votre courage et votre aide. Dites-moi ce que vous voulez, vous l'aurez. Je peux vous proposer de l'argent, un logement... Ou, puisque vous êtes sûrement guérisseuse, un lot d'herbes rares ou même un poste au palais. Si vous refusez pour le moment, sachez que je serai votre débitrice jusqu'à ce que vous ayez accepté. »

Avoir une dette envers quelqu'un piquait mon sens de l'honneur. Il fallait que je me débrouille pour payer d'une manière ou d'une autre cette jeune femme.

Freedepht a écrit :
Freedepht était à bout de souffle, elle se posa donc sur le sol sableux, pour reprendre tranquillement ses esprits quand elle entendit un mouvement de foule approchant vers elles. Elle entendit des brides de réponses de la sirène mais elle ne fit pas l’effort de l’écouter. Elle observa les sirènes qui nageaient à toute vadrouille dans leur direction et ressentit un soupçon de peur au fond de son être. Venait-il à cause du grabuge de la bataille ou pour une raison… un peu plus politique ? Elle se tourna vers la sirène aux cheveux ébène : non, cela ne pouvait être elle, ou sinon elle était réellement maladroite et imprudente. Elle entreprit de s’en aller, reculant doucement au gré du courant, elle n’aimait pas attirer l’attention sur sa personne. L’autre sirène se rendit compte de l’approche des quelques civils puis scrutta Freedepht, le visage déformait par la gêne :

« Voici ma garde qui s'approche – je me mordis nerveusement la lèvre inférieure – … Je suppose que vous avez compris que j'étais Astralÿs Wiz'Rakad. »

Freedepht qui reculait à la manière d’un crabe ne put cacher sa crainte pendant quelques secondes : alors c’était vrai, elle avait osé gifler l’élue des sirènes. Elle ouvrit ses grands yeux ténébreux, et sentit son corps se crisper sous une vague de honte. Elle observa intensément la femme avec inquiétude : la peur s’insinuant dans sa chair à la vitesse d’un éclair. Cependant un souvenir long et douloureux vint à son esprit et un combat intérieur occupa son âme. Il fallait combattre sa peur pour paraître des plus intouchables. La lutte ne dura que peu de temps, les pierres de sa forteresse intérieure s’imbriquaient déjà et, bien qu’Astralÿs ne le vit pas, la demoiselle aux cheveux abyssaux repris peu à peu contenance, ces rides de crainte disparaissant pour laisser place à un visage de glace, froid, calme et réservé. Elle contempla le sol avec un soupçon de rage quand la belle reine continua sa réplique :

« Je tiens à vous offrir une récompense pour votre courage et votre aide. Dites-moi ce que vous voulez, vous l'aurez. Je peux vous proposer de l'argent, un logement... Ou, puisque vous êtes sûrement guérisseuse, un lot d'herbes rares ou même un poste au palais. Si vous refusez pour le moment, sachez que je serai votre débitrice jusqu'à ce que vous ayez accepté. »

Freedepht inclina la tête sur la gauche et contempla la demoiselle avec intérêt. Cette femme était digne d’être une élue, acceptée ainsi de se faire gifler ainsi, ne pas s’en offusquer puis demander à réparer sa faute faisait d’elle un être égale à ceux que les humains appelaient « un ange ». Elle nagea autour de la belle avec un calme mêlé à une curiosité qui n’avait jamais effleuré son esprit auparavant puis répondu d’une voix qui se voulait être amicale mais qui ressortit rauque :

« Votre majesté, je dois vous avouer que vous me surprenez. Vous avez un don pour vous empêtrer dans des histoires incongrues, c’est impressionnant ! Je vous prie cependant de me pardonner pour l'affront que vous venez de subir, ce n'est point dans mes habitudes de frapper les inconnus mais j'avoue avoir été quelque peu chamboulé par les évènements. »

Freedepht s’immobilisa en voyant la foule s’approcher à quelques mètres d’elle puis reprit un visage de marbre, avant de continuer :

« Oui… j’ai quelques choses à vous demander madame. Je… souhaiterais que vous… »

Freedepht fut bousculée par l’un des gardes de la sirène qui ne se préoccupa pas d’elle et continua son avancée vers la douce reine. Elle fut rapidement écartée du troupeau qui s’agglutinait sur la princesse. Elle souffla doucement d’exaspération, pensant vaguement qu’elle ne voudrait pas d’une vie pareille, puis entrepris de s’en aller chercher la fleur qu’il lui fallait. Les parents de l’enfant déjà peinés n’avaient pas à attendre plus longtemps l’absence de la soigneuse.

Astralÿs a écrit :
Pour la première fois depuis que je la connaissais, le visage de la guérisseuse perdit un instant de son calme froid, qui fut remplacé par un intérêt évident. Visiblement, le fait que je sois l'Elue l'avait surprise – rien de plus normal, après tout – et ma conduite l'intriguait. En effet, elle s'était mise à nager lentement tout autour de moi, et je tournais sur moi-même pour suivre de mouvement. Lorsqu'elle parla, sa voix avait une sonorité étrange, et je ne parvenais pas à distinguer l'émotion qui perçait à travers.

« Votre majesté, je dois vous avouer que vous me surprenez. Vous avez un don pour vous empêtrer dans des histoires incongrues, c’est impressionnant ! Je vous prie cependant de me pardonner pour l'affront que vous venez de subir, ce n'est point dans mes habitudes de frapper les inconnus mais j'avoue avoir été quelque peu chamboulé par les évènements. »

Je ris légèrement. Un don pour me retrouver dans des situations incongrues ? C'était la première fois que l'on me disait pareille chose et, sans que je sus pourquoi, cela me fit invariablement plaisir. Mes gardes approchaient, ils seraient là dans moins de cinq minutes. Rien qu'à les regarder approcher, je me sentais incroyablement lasse. Qui eût cru qu'être reine demanderait autant d'énergie ? Le visage de la jeune sirène se refit de marbre, comme si elle souhaitait cacher toutes ses pensées et émotions.

« Oui… j’ai quelques choses à vous demander madame. Je… souhaiterais que vous… »

Mais que souhaitait-elle donc ? Je ne le sus pas. L'un de mes gardes bouscula la guérisseuse sans s'en préoccuper. Il arborait une expression extrêmement angoissée sur le visage. Petit à petit, une foule se forma autour de moi, m'empêchant de voir mon interlocutrice. Et de partout fusèrent les « Majesté ! Vous nous avez fait peur ! », « Majesté, vous allez bien, il ne vous est rien arrivé ? », « Majesté, si vous saviez ! Vos Conseillers sont dans un état ! », « Majesté, d'où vous viennent ces blessures ? »
J'essayai en vain de me faire entendre, rassurant celui-ci, tapotant l'épaule de celui-là, affichant une expression calme et rassurante. J'élevai la voix, avec tant d'autorité que tous se turent et m'observèrent.

« Si je vais bien à présent, c'est grâce à cette femme ! »

Je fis signe aux gardes qui cachaient l'endroit où était la guérisseuse de s'écarter. Il obtempérèrent pour révéler... le vide. La sirène avait disparu.

« Eh bien on dirait qu'elle est partie. Vous l'avez fait fuir, bravo ! »

J'étais peinée. Comment pouvais-je prouver ma gratitude à cette femme si je ne pouvais pas la retrouver ? Je ne connaissais même pas son nom ! Je désignai la moitié de mes soldats.

« Vous, allez au palais avertir les Conseillers que tout va bien – je désignai l'autre partie – et vous, vous m'accompagnez. Nous allons retrouver cette sirène et vous m'escorterez ensuite jusqu'au palais. »

Il n'y eut aucune réticence, j'avais de l'autorité. Au bout de quelques minutes, nous retrouvâmes la guérisseuse. Elle s'apprêtait à recueillir une fleur, magnifique. La fleur des morts... Cela me troubla un peu. Avait-elle perdu quelqu'un ? Je m'adressai à elle, après avoir ordonné à mes soldats de rester suffisamment loin pour qu'ils ne puissent pas entendre notre conversation.

« Qu'alliez-vous me dire, tout à l'heure ? Je suis sincèrement désolée pour la conduite de mes gardes, ils étaient très inquiets. »

Freedepht a écrit :
Freedepht cherchait avec une grande concentration la fleur « au-delà », fleur de la mort et du trépas. Son esprit était vide de penser : telle une bête sauvage, elle scrutait les moindres recoins, les moindres ombres qui pourraient cacher la belle blanche. L’opération ne dura que quelques secondes : elle la trouva dissimuler par un petit pezz de couleurs cuivres. Elle le poussa délicatement puis sortie un petit canif de sa sacoche avant de couper au plus bas et en biais la belle demoiselle en porcelaine. Elle se rapprocha de la fleur et savoura son doux parfum : décidément le monde est cruel…

Soudain un bruit presque inaudible l’interrompu de ses pensées lugubres. La reine, Astralÿs, était derrière elle et semblait la contempler avec sympathie. Freedepht fut quelque peu surprise que la première dame du monde marin l’ait poursuivi dans un endroit si reculé cependant elle n’en montra rien et la regarda d’un air vide quand la belle aux boucles brunes lui dit d’une voix cristalline :

« Qu'alliez-vous me dire, tout à l'heure ? Je suis sincèrement désolée pour la conduite de mes gardes, ils étaient très inquiets. »

Freedepht regarda la douce avec encore plus de curiosité, elle n’était pas bien commode cette reine ! Elle se doutait bien que si la demoiselle l’avait suivi ce n’était que pour la dette mais de là à s’excuser pour ses gardes, elle défiait toutes ses espérances. Freedepht mit doucement ces cheveux en arrière et s’assit sur un petit rochet avant de regarder la reine franchement et de lui sourire avec tendresse :

« Ne vous excusez point de cela, il est habituel de voir des comportements aussi puérils lorsque la crainte domine les sens. Je leur ai pardonné au moment précis où ils m’ont offensé… »

Freedepht suivi le regard de la dame aux cheveux ébène qui semblait obnubilé par la fleur de la mort, elle soupira douloureusement, des rides apparaissant au-dessus de ses yeux et dit d’un ton ironique :

« Oui… Aujourd’hui un enfant est mort… un patient pour tout vous dire… et pourtant il me semble qu’il était plus… important que le monde lui-même. La mort est si proche des guérisseurs, ça en est presque terrifiant… Elle nous suit comme un assassin et détruit la vie des êtres que nous croisons… alors on tente de ne plus ressentir quoi que ce soit. Cependant pourquoi attaque t’elle les êtres innocents ? Pourquoi ? Je… »

Freedepht se tut en voyant des larmes coulaient doucement le long de ses joues. Cela faisait longtemps qu’elle ne s’était pas confiée et pourtant elle avait le sentiment de pouvoir tout raconter à Astralÿs, sûrement à cause de la bonté si profonde de la belle qui semblait attentive au sentiment des autres et amenaient dans sa gentillesse un lieu où se confier. Freedepht essuya ses larmes avec son bras, puis se racla la gorge avant de dire dans un souffle :

« Je suis désolée. Vous n’avez pas à voir cela… Si vous insistez, je souhaiterais vraiment que vous m’accompagnez auprès de la famille de l’enfant pour leur apporter votre soutien. Cela ne pourra évidemment pas les consoler mais peut-être leur apportait un peu de fierté et rendre le fardeau qu’ils supporteront toute leur vie moins lourd… »


Astralÿs a écrit :
J'étais un peu gênée. Pourquoi donc cette femme me regardait-elle avec tant de curiosité, depuis qu'elle savait que j'étais la reine ? J'étais pourtant restée la même personne, seule sa vision des choses avait changé. Je soupirai, et quelques bulles s'échappèrent de mes lèvres. Et quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis apparaître une certaine tendresse sur le visage de ma sauveuse !
Ses paroles lorsqu'elle m'expliqua qu'elle n'en voulait pas à mes gardes n'étaient pas dépourvues d'une certaine sagesse, et cela m'arracha un sourire. Et, soudainement, la guérisseuse répondit à mon questionnement silencieux, comme si elle avait lu dans mes pensées.

« Oui… Aujourd’hui un enfant est mort… un patient pour tout vous dire… et pourtant il me semble qu’il était plus… important que le monde lui-même. La mort est si proche des guérisseurs, ça en est presque terrifiant… Elle nous suit comme un assassin et détruit la vie des êtres que nous croisons… alors on tente de ne plus ressentir quoi que ce soit. Cependant pourquoi attaque t’elle les êtres innocents ? Pourquoi ? Je… »

J'étais désolée. Comment un être qui entrait à peine dans la vie pouvait ainsi en être chassé ? Comment cela était-il possible ? Je me promis alors de tout faire pour améliorer les conditions de vie dans mon royaume, de tout faire pour que les maladies soient rare, de tout faire pour éviter ces morts dont je ne m'étais pas rendue compte qu'elle étaient si fréquentes. J'avais du pouvoir, je devais agir, il fallait que je finance et privilégie la culture des plantes médicinales ainsi que la recherche dans ce domaine.

Les larmes de la sirène se mêlèrent à l'eau de l'océan. Elles étaient lumineuses et magnifiques, comme les larmes de la plupart des sirènes. Comme la vie était cruelle... pourquoi la tristesse était elle aussi belle ? Pourquoi la fleur de la mort était-elle aussi resplendissante ?
Et voilà qu'à mon tour, j'avais envie de pleurer.

« Je suis désolée », dis-je dans un murmure un peu rauque.

Je me mis à réfléchir. Si les parents de l'enfant voyaient ainsi l'Elue débarquer chez eux, et en plus dans un état physique un peu inhabituel, ils allaient se poser des questions et en parler à leur entourage. Et on allait vite en déduire que je m'étais mise en danger. Je ne voulais pas que le peuple sache que sa reine était aussi imprudente... Je voulais qu'il soit fier de m'avoir élue. Je voulais paraître – et être – à leurs yeux la meilleure reine possible.
Mais ces pauvres parents devaient être inconsolables... la perte d'un être cher était si douloureuse que l'on ne pouvait jamais effacer cette blessure au cœur qu'elle créait. En un clin d'oeil, ma décision fut prise. J'allais rendre visite à ces gens en deuil et leur apporter mon soutien. J'allais rendre hommage à cette mort, comme il en existait beaucoup d'autres. Que les parents sachent que je m'inquiète pour eux.

Que toutes les sirènes d'Albelay sachent que je m'inquiète pour elles.

« Je viendrai, bien sûr. Guidez-moi donc. »

Mes gardes amorcèrent un mouvement pour me suivre. L'un d'eux s'empressa d'enrouler mes quelques blessures dans des bandages, et de me couvrir d'un manteau qui cacherait plus ou moins les traces de mon combat. J'étais prête à partir, une peine énorme sur le cœur.
Après ce que je venais d'apprendre, je me demandais vraiment si la vie était pourvue d'un sens. Tous ces efforts pour survivre à travers la douleur, à travers l'injustice de l'existence, n'étaient-ils pas vains puisque, de tout manière, toute vie avait une fin ? Pourquoi me démenais-je pour mon peuple ? A quoi cela servait-il, quel était le but de tout cela ?
Je ne savais plus où j'en étais.

Freedepht a écrit :
« Je viendrai, bien sûr. Guidez-moi donc. »

Freedepht fut touchée par la gentillesse de la reine, bien qu’elle ne doute pas une seconde que la belle accepterait. Elle s’avança vers la ville mais s’immobilisa en voyant les gardes accourir une seconde fois vers leur reine bien-aimée. Elle ne souhaitait pas qu’ils viennent avec elles cependant elle ne pouvait les contraindre à rester là : elle n’avait aucun droit sur eux. Elle soupira imperceptiblement et entraina la demoiselle vers la belle ville d’Atlantia.

Elle était un peu honteuse d’avoir pleuré ainsi devant sa reine, mais le vase avait été rempli trop longtemps, il était normal qu’au bout d’un moment il s’écoule au fond de l’océan. Elle contempla la reine discrètement et manqua de se prendre un rochet en voyant le visage de la brune dominé par le doute et la mélancolie. Elle comprit que ses mots avaient été durs et que la reine était une personne sensible qui s’abreuvait des paroles de ses semblables. Elle se rappela de ce qu’elle avait ressenti la première fois que l’impuissance avait envahi son être, et senti un poids dans son cœur. Freedepht se réprimanda intérieurement d’avoir été aussi brusque, il n’était pas difficile pour elle d’imaginer à quoi la reine occupait son esprit en ce moment.

La demoiselle aux cheveux océans s’approcha doucement de la reine et posa sa main sur son épaule comme un soutien avant de dire d’une voix douce et amicale :

"ma douce reine… Je ne peux qu’imaginer les pensées qui vous tourmentent maintenant...il n’était point dans mes intentions de vous voir souffrir ainsi…
La mort est injuste, elle crée un vide dans l’âme des vivants… cependant il ne faut pas oublier que chaque jour, des êtres se battent pour vivre, pour marcher, pour rire… Madame… N’oubliez pas que la vie apporte des moments uniques à partager et votre rôle à vous est de faire perdurer la base de ce bonheur."

Un garde qui ne devait avoir entendu qu’une partie de mes propos me bouscula volontairement et cracha :

"vous n’avez aucun droit de parler ainsi à la reine ! Ne soyez pas familière, vous n’êtes rien !"

Freedepht le fusilla du regard :

*S’il croit que ses insignes le rendent plus important que le commun des mortels… Pauvre bougre*

Freedepht se releva doucement sans un regard pour le garde et continua à nager en solitaire en direction de la ville. Elle sentait que l’on s’en approchait : les sons marins devenaient de plus en plus assourdissants, les odeurs se mélangeaient, l’eau rayonnait par les mille lampadaires qui jonchaient les sols.

Enfin ils entrèrent dans la ville, mais Freedepht ne s’en préoccupait pas désormais… elle était absorbée dans ses pensées pour les parents. Elle accéléra, évitant avec précision et souplesse les femmes poissons qui vendaient leurs marchandises au marché. Elle pénétra dans des petites ruelles, s’arrêta net lorsqu’elle en était obligée jusqu’à enfin arriver à destination.

Là, les parents de l’enfant étaient sortis, la mère toujours accrocher à son fils. Quelques hommes au service des soigneurs tentaient de lui prendre le cadavre pour l’emmener dans une salle de deuil mais la vieille dame à la queue blanche refusait et hurlait effroyablement. La scène était déchirante. Freedepht ondula jusqu’au parent sans regarder derrière elle, elle enlaça la mère avec délicatesse en essayant de la calmer par des mots doux.
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