On a tous quelque chose à chercher. Certains cherchent leur âme soeur, d'autres se cherchent eux-mêmes. Le plus souvent, on cherche ses origines. Mais avouez que chercher où le temps a disparu, c'est assez peu commun...
 
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Sujet: Skohvan, fils de loup, Elu de Preilka [ANCIEN MONDE] - complément fiche   
Sam 5 Jan - 19:42
Ecrit par Skohvan Lukos :
C’était le premier Vernebes du mois d’Erfertÿs. Depuis la veille, Preilka était en proie à des émeutes sanglantes entre les différents camps lycans qui se disputaient la succession du trône de l’Elu Déchu. Il avait été surnommé ainsi après avoir pris la fuite, deux jours plus tôt, en laissant une seule petite note : « Je suis désolé ». Le pauvre bougre n’avait pas du supporter la pression des diverses querelles entre les clans. Skohvan était accoudé à la fenêtre de sa maison ; il observait ses frères, perdus sans leur guide, qui s’entretuaient. Il ne comprenait pas pourquoi ils se sentaient obligés de faire couler leur sang de la sorte. Une élection pure et simple aurait été bien plus bénéfique à leur peuple. Ayant vécu longtemps parmi les loups, il pouvait comprendre ce fonctionnement de la part des bêtes. Il avait grandi dans un monde régi par la loi du plus fort. Néanmoins, les lycans n’étaient pas des loups ; ils étaient avant tout des hommes, et les hommes qu’il était en train d’observer n’avaient rien d’humain ou de civilisé. D’aucuns se battaient sous leur forme animale, d’autres à l’épée ou à mains nues ; hurlant qu’ils avaient aussi le droit de gouverner. Il ne doutait pas de la légitimité des intentions de chacun d’entre eux ; cependant, il n’aurait jamais accepté un souverain qui avait massacré les siens pour arriver à sa place.

Au bout de quelques heures à observer cette désolante scène de chaos, Skoh en eût assez. Il décida de faire quelque chose pour faire entendre raison à ces fous. Le lendemain, la lune serait très faible, entraînant une forte baisse de la violence et de l’irritabilité des lycans. Il avait donc un jour pour organiser son intervention. Regarder ses frères s’entre-tuer ne lui était plus supportable ; il devait trouver une bonne idée et elle devait fonctionner.
Le soir venu, Skohvan avait vaguement décidé de ce qu’il voulait faire. Il mettrait ses frères face à leur stupide violence insensée et leur proposerait une élection. Il devait être remarqué s’il voulait qu’on l’écoute ; c’est pourquoi il ferait son apparition en milieu de journée, sur la Grand-Place ; là où les chefs de clans devaient se réunir pour « discuter », sans tomber d’accord puisque chacun d’entre eux était persuadé que le trône leur revenait de droit. Skoh savait que son discours serait mal accueilli. Les plus téméraires essaieraient sans doute de le tuer ; mais il devait le faire, pour le bien de son peuple.

Il se leva a l’aube, enfila ses vêtements les moins abîmés, passa son épée par-dessus son épaule et partit en forêt. Il avait besoin de ses amis les loups pour ce coup de théâtre ; il espérait seulement qu’ils seraient d’accord pour l’accompagner au cœur de la ville lycane… Il n’eut aucun mal à les trouver. La meute était regroupée dans la plus grande clairière de son domaine. Quand il fît son apparition, les loups l’observaient attentivement. Le chef de la meute se posta entre Skohvan et ses compagnons. Skoh déposa son épée et sa chemise au pied d’un arbre, puis il entreprit sa transformation.
Une fois sous sa forme de loup, il s’assit en retrait et interpella le mâle dominant. Il ne devait pas l’offenser, il devait être respectueux mais ferme, pour ne paraître ni dominé, ni dominant. Le loup s’approcha lentement de lui et lui demanda ce qu’il venait faire ici. Ils n’avaient pas l’habitude de le voir à cette heure de la journée ; et encore moins là ou les louves et les louveteaux résidaient. Skoh lui expliqua qu’il avait besoin de leur aide pour calmer sa meute. Il lui dit qu’ils ne craignaient rien, et qu’il avait seulement besoin que les plus forts d’entre eux le suivent. C’est là qu’il aperçut Lurna, sa mère adoptive qui l’avait élevé pendant douze ans. Il gémit et s’approcha d’elle. La louve avait vieilli ; elle était très faible et de nombreuses cicatrices bardaient son corps autrefois totalement sain. La mère fit quelques pas dans sa direction et lui dit qu’elle était fière du loup qu’il était devenu. Elle avait toujours su qu’il était différent d’eux ; mais il était également différent des autres lycans. Il connaissait le monde des loups, leur langue et leurs mœurs. Tout cela faisait de lui un lien parfait entre ces deux races si proches et pourtant si différentes. Elle était fière de son fils lycanthrope, et son existence estompait sa peur des hommes-bêtes. Elle demanda au frère de Skoh, devenu chef de meute, d’accéder à sa requête. Le loup n’aimait pas trop son frère, mais il ne put refuser cela à sa mère mourante. Il regroupa ses meilleurs chasseurs et ordonna aux autres de rester dans la clairière jusqu’à leur retour. Ils ne seraient pas longs et ses frères veilleraient sur eux.
Skohvan avait longuement retourné cette scène toute la nuit durant, cependant, il n’avait pas envisagé une seule fois que cela se passerait si bien. Il reprit sa forme humaine, ramassa ses affaires et partit en direction de Preilka, suivi par une dizaine de loups puissants et agiles. Il était encore tôt pour se rendre sur la Grand-Place, c’est pourquoi il décida de les emmener chez Kordrian et de le mettre au courant de son plan.

Le vieux lycan n’était pas du tout rassuré à l’idée que son fils affronte seul tous ces monstres assoiffés de sang, mais il ne pouvait plus lui interdire quoi que ce soit. Il décida donc de l’accompagner, au cas où les choses tourneraient mal. Skohvan ne voulait pas le mêler à cette affaire, mais il n’avait pas non plus le choix. Il demanda alors a son père de rester en retrait et de n’intervenir que si la situation dégénérait vraiment et qu’il en perdait le contrôle. Kordrian ne voulait pas que Skohvan ne soit blessé mais il était devenu un lycan puissant et il avait confiance en sa force et en son charisme ; il lui avait appris à éviter le combat autant que faire se peux.
Les loups n’avaient pas voulu entrer dans la maison. Les faire entrer dans la ville avait déjà été difficile ; les faire entrer sous un toit, dans un espace totalement clos, était une entreprise perdue d’avance. Quand les deux lycans sortirent, les loups attendaient, observant attentivement les passants, qui leur rendaient leurs regards inquiets. L’heure de l’intervention de Skohvan approchait ; ils se dirigèrent donc vers la place d’un pas décidé ; bien que les loups n’étaient pas très rassurés. Ils savaient qu’en cas d’affrontement direct avec une horde de lycans, leurs chances étaient presque inexistantes. Skohvan, qui avait entendu leur conversation, leur dit alors qu’ils n’auraient pas à se battre avec le moindre homme-bête. Si l’un deux voulait leur faire du mal, il le tuerait sur le champ. Ulsy, le frère de Skohvan fût rassuré par ses paroles ; cependant, en tant que chef de meute, il restait sur ses gardes pour le bien de ses congénères.

Quand la troupe arriva sur la Grand-Place, les « discussions » allaient bon train. Les trois chefs de clan étaient au centre et se hurlaient dessus. C’était toujours la même rengaine, « Tu n’es pas assez fort pour le trône ! », » Toi pas assez courageux ! »… D’après Skoh, aucun des trois n’était digne de gouverner son peuple ; mais ce n’était que son avis personnel. Au fur et à mesure que les deux lycans et les loups avançaient vers la place, les émeutiers se taisaient et leur dégageaient un passage jusqu’au centre. Quand ils atteignirent les trois chefs de clans, les trois lycans ne cessèrent pas de s’incendier. Ils faisaient comme si ils n’étaient pas là ; comme s’ils ne les avaient pas vus. Les loups n’aimaient pas être ignorés de la sorte ; c’est pourquoi ils s’assirent et hurlèrent aussi fort qu’ils le pouvaient. Skohvan se demandait comment attirer l’attention de tout le monde, et bien c’était fait. Tous les regards étaient posés sur eux ; les guerriers membres des clans, comme leurs chefs où même les passants qui ne prenaient pas part au conflit. Tout le monde les fixait et un silence de plomb régnait sur Preilka. Skohvan monta sur le rebord de la fontaine centrale et entama le discours le plus important de son existence :

« Mes frères, mes sœurs, il me semble que tout le monde me connait sous le nom de « fils de loup » cependant, je suis un lycanthrope de Preilka comme vous tous ici. Je me nomme Skohvan Lukos, fils de Kordrian Lukos, ici présent, et de Lurna de la meute d’Ulsy ; présent également à mes côtés aujourd’hui. Je me présente aujourd’hui devant vous car vos agissements me désolent. Qui a dit que les lycans étaient des animaux sauvages ? Qui à dit que les lycans ne savaient résoudre leurs conflits que dans le sang et la violence ? Je n’ai jamais entendu cela ; alors si quelqu’un pense que c’est le cas, qu’il vienne me le dire ! Je suis venu avec mon frère, Ulsy le loup, ainsi que quelques membres de sa meute pour que vous vous souveniez de qui nous sommes. J’ai grandi parmi les loups comme chacun le sait et aime à me le rappeler. C’est pourquoi je peux vous dire que vos agissements brutaux qui durent depuis maintenant trois jours sont très proches des mœurs des loups vivants dans la forêt. Ulsy, ici présent, à gagné le commandement et le respect de sa meute en affrontant son père en duel et en l’humiliant. Son père est alors parti vivre seul dans une autre zone de la forêt, et Ulsy à sa place de mâle dominant. Vous l’aurez compris, personne n’est mort dans ce combat, il a simplement démontré à son père qu’il était plus fort que lui et que son commandement serait plus bénéfique à la meute. Ce que vous faites depuis trois jours est encore plus bestial que cette coutume ! Vous ne faites que faire couler le sang de vos frères par colère et pour défendre un lycan qui a réussi à vous rallier à sa cause ! Etes vous donc plus sauvages que les loups ?! Vous qui vivez dans une belle ville aux rues pavées, êtes vous plus sauvages que vos cousins des forêts ?! Non ! Je ne veux pas y croire ! Je sais qu’en chaque lycan réside une bête féroce qui peut le consumer et le pousser à faire des choses atroces, cependant, nous sommes avant tout des hommes ! Nous sommes des êtres de raison et de parole ! C’est pourquoi je suis ici aujourd’hui, pour vous sommer d’arrêter ce massacre insensé. Ne serait-il pas plus digne de nous d’organiser un vote ? Ou un tournoi où il serait interdit de tuer ? Nous sommes tous frères ! Qui fait couler le sang de sa famille ? Je vous le demande ! Qui ? »

A cet instant, Skohvan regretta cette phrase. Elle allait lui retomber dessus ; il le savait. Cela ne tarda pas. Un homme prit la parole dans la foule :

« Toi ! T’as bien saigné ta mère comme un lapin ! »

Skoh se devait de répondre correctement, sinon il perdrait toute sa crédibilité et son effort serait vain. Il répondit alors calmement :

« Oui, le jour de ma naissance, Pyroxis décida que je devais naitre loup ; je ne pouvais contrôler cette force et ma mère n’y a pas survécu… J’ai néanmoins regretté cela toute ma vie, bien que je n’y étais pour rien. Et cette tragédie a forgé mon futur. Tout comme les massacres de cette semaine peuvent forger le notre. Rebondissons sur nos erreurs et fondons ensemble un peuple uni et puissant ! »

Skohvan marqua une pause. Il était satisfait de sa réponse ; la suite dépendait de son peuple. L’un des chefs de clan dit :

« Pas besoin d’élection mon grand. Pour moi t’es tout désigné pour jouer le rôle de chef. T’as bien parlé et personne ici a vu les mêmes choses que toi. »

Le vieux lycan posa un genou à terre et tous ses hommes le suivirent. Kordrian en fit autant, au plus grand désarroi de Skohvan.
Le chef lycan le plus opposé à celui qui s’était soumis, ne voulant pas être moins bien vu que son rival, se prosterna à son tour ; sans piper mot ; suivit de près par ses fidèles guerriers. Les badauds, qui étaient bien plus nombreux qu’à l’arrivée de Skoh sur la place, étaient déjà tout acquis à sa cause et s’étaient agenouillés bien avant les clans de guerriers.
La place était maintenant remplie de lycans agenouillés ; à l’exception des membres du clan de la Griffe Rouge. Leur chef était le plus belliqueux des trois. Il s’adressa à Skohvan.

« C’est bien vrai qu’tas bien parlé, mais les paroles font pas tout mon vieux. J’vais pas obéir à un gamin sous prétexte qu’il parle bien. J’suis p’tet’ ben un homme avant tout, mais chui aussi un loup. Si tu m’bats en duel, t’auras mon allégeance. Si j’gagne, tu r’tourne vivre dans ta forêt et on oublie tout ton baratin. »

« Comme tu voudras vieil homme. Quand veux-tu que le duel ait lieu ? Veux tu te battre à l’épée ou avec tes crocs et tes griffes ? »

« J’vais t’rétamer là tout de suite, d’vant tout le monde, qu’y voient bien qu’c’est moi l’dominant dans c’te meute de lavettes. Tu t’battras comme tu voudras et moi comme j’voudrais, c’est un combat sans règles. »

« C'est entendu. Je poserai seulement une règle : le combat se finit avec l’abandon du perdant, ou quand il est immobilisé sur le dos plus de 20 secondes. Tu veux te comporter en loup alors battons nous selon les critères des loups. Je ne voudrais pas faire couler ton sang sur cette belle place. »

Skohvan expliqua aux loups qu’il ne craignait rien et qu’ils devaient le laisser se battre seul. S’il triomphait, il deviendrait le chef de sa meute et alors les deux races pourraient vivre en harmonie. Les loups comprirent et s’éloignèrent du centre de la place, observant attentivement la tournure des événements.
Un grand cercle se dégagea rapidement non loin de la fontaine. Skohvan détacha son épée de son dos et il l’emballa dans sa tunique de cuir puis fit tenir le tout avec la bandelette de son arme. Il ne voulait surtout pas tuer l’homme, mais il se refusait à se battre sous forme animale tant que cela n’était pas absolument nécessaire.
Kalagan, le chef belliqueux, retira sa chemise et se transforma en loup. Il pensait donc être plus avantagé ainsi. Il ne savait pas que Kordrian avait enseigné à Skohvan comment se battre contre un lycan sous cette forme, sans se transformer lui-même.

Skohvan empoigna fermement son épée et fixa son opposant droit dans les yeux. Il grogna comme un loup et lui hurla d’attaquer.
La brute n’attendait que ça. Il bondit sur le jeune lycan tous crocs dehors et tenta de l’égorger. Skohvan fit un pas de coté et lui asséna un violent coup du plat de son énorme épée. Le loup s’écrasa au sol avec un petit gémissement de douleur. Il se remit immédiatement sur ses pattes et chargea Skohvan. L’homme sauta par-dessus la bête, prêt à lui asséner un coup, cependant le loup avait prévu ce mouvement et le mordit à la cheville puis tira violemment l’homme au sol. Skohvan tomba sur le dos et le loup se rua sur lui, posant ses pattes sur ses épaules et faisant claquer ses mâchoires près de son visage. Skohvan tentât de se dégager mais le loup était bien plus lourd que Kordrian dans sa forme animale. Il lui assénât un coup de tête sur le museau et profita de la confusion de son adversaire pour faire une roulade sur le coté et pour se transformer à son tour. Humain, il était bien moins agile que son adversaire et il aurait fini par perdre.
Avant même que sa transformation soit achevée, Skoh plongea sur son opposant qui secouait encore la tête, désorienté. Il le mordit au cou et le fit tomber au sol. Skohvan était bien plus lourd et imposant que son vieil adversaire. Il fit peser tout son poids contre le vieux lycan tout en gardant ses crocs enfoncés dans sa gorge ; sans faire couler son sang. Son ennemi se débattait violemment mais Skohvan avait une prise parfaite et il était bien trop lourd pour lui. Il compta jusqu’à trente, de façon à ce que sa victoire ne soit pas contestable, et libéra son adversaire. Il lui tourna le dos et reprit sa forme humaine. Il ramassa son épée et entreprit de récupérer sa tunique qui y était fixée. Il entendit alors que le loup chargeait dans son dos. Il fit un pas sur le côté et asséna un violent coup du plat de son épée sur la tête de son ennemi. Le loup s’écroula, immobile. Skohvan, qui avait peur de l’avoir tué, s’agenouilla près de lui et posa sa main devant sa truffe. Il sentit sa respiration et fut soulagé.

« N’ayez crainte, il n’est pas mort. Si quelqu’un d’autre souhaite tester ma force au combat, je serai toujours disposé à prendre part à un tel duel. Néanmoins, le fair-play et le respect de sa parole serait grandement apprécié… »

Un des hommes de Kalagan s’écria alors « Vive Skohvan Fils de Loup ! Vive l’Elu de Preilka ! » .
C’est alors que Skoh fut acclamé par une foule de lycans soulagés et survoltés, les hourras étant rythmés par les hurlements de ses amis loups. Il s’approcha de son frère et lui dit que si lui et sa meute souhaitaient élire domicile à ses cotés, ils étaient les bienvenus. Il souhaitait rapprocher les deux races cousines car il pensait que l’une et l’autre pouvaient s’apporter des choses essentielles.
Kordrian s’approcha de lui et le prit dans ses bras.

« Ça alors ! Si j’avais sur que ça se finirait comme ça, je me serais mieux habillé ! »

Et les deux hommes furent pris d’un rire puissant et communicatif pendant de longues minutes. Une fois la crise de rire passée, Skoh se rendit compte que ses frères lycans riaient aussi ; s’étreignant et se félicitant. Ils avaient oublié qui était de quel clan. Ils étaient lycans ; ils étaient tous frères.
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